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Rafael Advanced Defence Systems et Volkswagen : lettre d’intention pour l’usine d’Osnabrück

Homme en tenue d'atelier tenant un plan de voiture dans un garage avec une voiture Volkswagen et un objet métallique allongé.

Ce qui, en mars, n’avait tout au plus l’allure d’un bruit de couloir prend désormais une forme nettement plus tangible. Selon Reuters, qui cite deux sources proches du dossier, Rafael Advanced Defence Systems - entreprise détenue par l’État d’Israël et partenaire majeur dans le développement des systèmes de défense Iron Dome, Arrow et David’s Sling - aurait signé avec Volkswagen une lettre d’intention en vue de racheter l’usine d’Osnabrück, en Allemagne.

Ni Volkswagen ni Rafael Advanced Defence Systems n’ont souhaité réagir à ces informations. En revanche, Oliver Blume, directeur général du groupe, a confirmé le 30 avril lors d’un appel avec des investisseurs que des “négociations avancées avec des entreprises de défense” étaient en cours concernant l’avenir du site.

Négociations sur l’avenir du site d’Osnabrück

L’usine, qui compte environ 2 300 salariés, assemble aujourd’hui le T-Roc Cabriolet. La fin de production de ce modèle est attendue l’an prochain, sans remplaçant annoncé.

Depuis 2024, le groupe cherche activement une issue pour ces installations. Des discussions en vue d’une cession avaient déjà progressé à la fin de l’an dernier, avant d’être stoppées faute d’accord.

Des missiles plutôt que des cabriolets

D’après les mêmes sources, l’industriel israélien orienterait la production vers des composants de missiles, notamment des moteurs. La fabrication d’explosifs, elle, resterait cantonnée à des sites distincts, pour des raisons de sécurité. À ce stade, il est aussi rappelé que Volkswagen avait déjà écarté l’idée de produire des armes.

Les autorités allemandes suivraient le dossier de près, avec l’objectif de s’assurer que la maîtrise des technologies de défense demeure sur le territoire national.

Berlin aurait, par ailleurs, prévu des centaines de milliers de millions d’euros afin de rebâtir ses capacités militaires après des décennies de sous-investissement. Dans ce contexte, les usines automobiles - grâce à leurs infrastructures d’ingénierie, une main-d’œuvre qualifiée et une production à grande échelle - apparaissent comme des partenaires particulièrement attractifs pour les acteurs de la défense.

Une usine avec une histoire

Mis en service en 1935, le site d’Osnabrück n’est pas un inconnu dans l’univers Volkswagen. Pendant des décennies, il a été associé au Karmann Ghia, l’un des modèles les plus emblématiques de la marque.

De Karmann à Porsche, puis la réorganisation

Plus récemment, l’usine a également assemblé les Porsche Cayman et Boxster, avant que la production de ces modèles ne soit transférée à Zuffenhausen en 2026. Volkswagen a racheté l’usine en 2009.

Sur le plan historique, ce ne serait pas non plus la première implication de Volkswagen dans une production à finalité militaire, compte tenu du rôle de Wolfsburg dans la fabrication d’armement durant la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui, le groupe allemand produit déjà des camions militaires via un partenariat entre MAN, constructeur de véhicules lourds appartenant au groupe, et Rheinmetall, premier acteur allemand de la défense et de l’armement.

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